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ADAPTER LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ AUX MENACES ACTUELLES

ParRichardMBK

ADAPTER LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ AUX MENACES ACTUELLES

 

Serge Michailof

1) Quelles sont ces nouvelles menaces ?
Les menaces qui pèsent désormais sur nombre d’Etats africains n’ont – elles pas changé de nature ?
N’y a t- il pas des caractéristiques particulières aux pays où ces menaces se développent ? Quels sont les problèmes fondamentaux non sécuritaires auxquels font face ces pays ?
 
Quels pays et quelles régions en Afrique sont principalement concernés par ce nouveau type de menaces ?
 
Quels sont les principaux dangers posés par ces menaces ?
Ces menaces s’inscrivent –elles dans le cadre d’un arc de crise régional ou sont- elles spécifiques à l’Afrique et/ou à certains pays africains très particuliers ?
Peuvent- elles provoquer des déstabilisations régionales aux conséquences majeures ?
On constate des « départs de feu » dans des régions qui elles mêmes,constituent de véritables poudrières. Comment faire face à ces nouvelles menaces ? Faut- il se contenter de traiter les départs de feu ?
 
Au centre du Mali, divers groupes armés profitent de la faiblesse de l’appareil d’Etat pour instrumentaliser les difficultés économiques, sociales et politiques locales. L’insécurité conduit les villages à créer des milices d’autodéfense. L’insécurité ne risque-elle pas de se généraliser et l’économie locale de se paralyser ? S’agit- il d’un exemple caractéristique ces nouvelles menaces où se conjuguent interventions extérieures et graves problèmes internes ?
 
2) Comment y faire face ?
Ce type de conflit peut- il être réglé par des armées étrangères ?
 
Ces conflits peuvent-ils être définitivement résolus par de seuls moyens militaires ?Ne faut- il pas, en parallèle de l’extinction des départs de feu, « désamorcer les poudrières » et comment ?
Pour ce faire, quel peut être le rôle de l’aide internationale ? Mais celle-ci a été massive en Afghanistan et elle a pourtant échoué. Mais pourquoi donc ? Ne risque t- elle pas d’échouer aussi en Afrique ?
Une des réponses classiques à ces menaces est le recours à des forces de maintien de la paix des Nations Unies. Que penser de leur efficacité à court et long terme et de leur rapport coût efficacité ?
S’il importe de reprendre le contrôle de régions et de populations qui ont partiellement ou totalement échappé au pouvoir de l’Etat central, ne faut-il pas renforcer considérablement non seulement les forces armées nationales, mais aussi l’ensemble des autres institutions régaliennes : justice, gendarmerie, police et administration territoriale ? Pourquoi ceci n’a-t-il pas été précisément la voie suivie en Afghanistan ?
Comment procéder pour ce faire ? Des programmes de formation et d’équipement sont- il suffisants ou faut-il envisager des réformes plus ambitieuses ?
Quels sont les obstacles de nature technique et organisationnels qui compliquent la reprise en main des institutions correspondantes ?
 
N’y a-t-il pas en plus, des obstacles de nature politique ?
 
Quid du financement de tels programmes ? Ces pays ont-ils la capacité financière pour cela ?
 
Si une prise en charge internationale des dépenses de sécurité de ces pays est nécessaire,ceci pose-t-il un problème financier à la communauté internationale ?
 
Une telle prise en charge externe de ces dépenses de sécurité serait-elle justifiée et comment ?
 
Un tel financement externe d’une partie des dépenses de sécurité de ces pays ne va-t-il pas se heurter à de multiples obstacles ? Les grandes agences de développement multilatérales sont elles d’accord pour cela ? Les opinions publiques occidentales y sont-elles prêtes ? Est-il envisageable de changer les pratiques des bailleurs pour la prise en charge des dépenses militaires ou des dépenses de sécurité relevant de l’appareil régalien non militaire ?
Comment sortir d’une approche comptable de la sécurité qui conduit ces pays qui sont tous sous surveillance du FMI à dimensionner leurs budgets sécurité en fonction de leurs ressources propres et habituellement mobilisables et à répondre aux urgences sécuritaires par des collectifs budgétaires qui creusent des déficits non financés et amputent les dépenses de développement, sans pour autant répondre aux besoins réels de sécurité ?
 
Y a-t-il des alternatives à la prise en charge directe des dépenses militaires et sécuritaire par l’aide internationale auxquelles manifestement répugnent les agences de développement ? Qu’en est – il d’approches indirectes par des appuis budgétaires ?
 
N’y a-t-il pas à cette prise en charge indirecte du coût de la sécurité par l’extérieur, des obstacles difficiles à surmonter et lesquels ?
 
Ne faut-il pas sortir ces pays d’une logique d’urgence réactive qui les conduit à de mauvais choix ?
 
Ne faut-il pas introduire une grande transparence dans un secteur accusé à tort ou à raison de grande opacité. Comment faire ?
 
Comment associer à ces approches FMI et Banque mondiale ?

Auteur de “Africanistan, l’Afrique en Crise va t- elle se retrouver dans nos banlieues » Fayard 2015.
Le rapport de la fiscalité au PIB de ces pays est de l’ordre de 16 à 20 %. Les dépenses de sécurité ont été en gros multipliées par 3 depuis 2012 et, sans pour autant pouvoir répondre à ces menaces, atteignent 6 à 7 % de leur PIB au moment où leurs dépenses sociales explosent avec 40 à 50 % de leur population qui a moins de 15 ans.

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